Une étude menée pour une équipe universitaire sur 6700 salariés (qui ont répondu anonymement) de banques Françaises (hors Crédit Agricole et Caisse d’Epargne), révèle que trois quarts des salariés de la banque n’ont pas le moral. Ainsi, 37% de ces mêmes salariés de la banque redoutent le chômage. L’Association Française des Banques prévoit même qu’un quart des emplois dans le banque vont disparaître d’ici 2025. En cause la banque en ligne ?

C’est un raccourci, mais il s’avère que si effectivement, seulement 3 millions de français sont actuellement clients d’une banque en ligne ce nombre pourrait croitre rapidement. Surtout qu’actuellement, ces clients de banques en ligne sont en général multibancarisés et disposent d’une banque traditionnelle.

Cependant, la situation évolue rapidement avec l’arrivée de pure player de la banque mobile qui viennent encore bouleverser le secteur bancaire. Les consommateurs désertent les agences, retirent de moins en moins de cash, adoptent le paiement sans contact, s’initient au paiement mobile, … bref le tout numérique est rentré dans les usages de la banque.

Les banques ont un temps cru qu’il fallait mettre des tablettes dans les agences pour que les clients y voient une révolution numérique dans la banque. Que nenni, les consommateurs sont déjà allés plus loin. Avec le numérique ils découvrent et imaginent tout ce qu’ils pourraient faire seul derrière leur écran d’ordinateur ou derrière leur mobile. Qui se souvient encore du virement en agence ? Il fallait déjà connaître son RIB, celui du destinataire. Là un conseiller rentrait les informations, puis imprimez la demande de virement qu’il fallait signer, et puis vous repartiez avec votre bordereau. Enfin, votre destinataire devait attendre entre 2 et 5 jours pour voir apparaître le virement.

Désormais, l’instant payment arrive pour des virements instantanés, plus besoin de l’Iban du destinataire, un email et un numéro de mobile suffisent.

Le consommateur sait qu’il peut reprendre le contrôle de son argent grâce aux usages numériques. Alors maintenant on voudrait lui faire croire que dans son agence on va le conseiller … et bien là pas besoin de technologie pour comprendre qu’il n’y a aucun conseil dans l’approche. Les banques viennent de scier la branche où elles étaient confortablement installées.

Bien sûr, les banques réalisent encore des profits recours à coups d’optimisation fiscale offshore, mais c’est l’arbre qui cache la forêt d’une transformation des habitudes de consommation qui va les obliger à la transformation. Mais en auront-elles le temps ?